Expatriés: le retour!

C’est en été que partent les familles… et qu’elles reviennent ! Les entreprises ne traitent pas le retour d’expatriation de leurs cadres avec autant d’attention que l’expatriation. C’est un constat et c’est aussi ce que disent souvent les re-impatriés. L’entreprise a changé, les organisations ne sont plus les mêmes, les expériences passées n’intéressent pas les nouveaux collègues.

Le retour doit être anticipé. Si la fin du contrat professionnel est la première cause de retour – or, on connaît souvent à peu près la durée du contrat, il n’en reste pas moins que dans 60% des cas, il s’agit d’une autre cause : à l’initiative de l’entreprise, de la famille qui a choisi de revenir pour diverses raison, à l’initiative du salarié qui a une autre opportunité, et malheureusement parfois en raison d’un divorce ou d’un décès. Le graphique ci-joint reprend les réponses des conjoints d’expatriés de l’enquête 2015 d’Alceis.

On ne se baigne jamais dans le même fleuve

Les Grecs anciens le savaient : on ne se baigne jamais dans le même fleuve. Il faudra donc s’adapter à une nouvelle situation professionnelle et personnelle : sans doute changer de niveau de vie, renouer avec les amis et la famille qui ne comprennent pas toujours la souffrance d’un retour. Professionnellement, l’expérience de l’expatriation n’est pas valorisée : c’est vrai pour le salarié, mais encore plus pour son conjoint qui souhaite reprendre une activité professionnelle. Il faut repenser ses méthodes de travail.

Pour trouver un nouvel équilibre, le conjoint a des ressources : faire un bilan de l’expatriation et évaluer les compétences acquises, élaborer un nouveau projet professionnel. Mais à tous ceux qui partent, nous recommandons de prévoir leur retour dès le départ (même si l’on a bien d’autres chats à fouetter au moment du départ !). Le salarié est face à un challenge différent : il doit comprendre l’entreprise (ce qu’elle est devenue en son absence). L’accompagnement du salarié au retour est un enjeu nouveau pour les entreprises. Celles-ci  semblent de plus en plus concernées par le retour notamment du fait que les expatriés négocient maintenant certains accompagnements avant le départ. Ces accompagnements restent toutefois marginaux, moins de la moitié des conjoints déclarent avoir bénéficié d’une assistance :

  • pour les démarches administratives et le logement
  • la réintégration dans son milieu personnel et professionnel
  • et/ou pour accompagner au retour à l’emploi

Les accompagnements au retour (enquête Alceis 2015)

Chérie, on a oublié les enfants!

Et puis, il y a les enfants : parfois, ils n’ont connu que la vie en expatriation. Ils parlent deux langues ou plus : il faudra le valoriser. Mais encore faudra-t-il avoir eu connaissance du retour dès le mois de janvier ou février : les écoles bilingues sont fortement demandées. Les enfants ou les ados devront s’habituer eux aussi à leur nouvelle vie, à des méthodes scolaires différentes, à apprendre à garder le contact avec leurs copains tout en sachant s’en faire de nouveaux.

Un coaching du retour d’expatriation permet de se préparer et de réagir aux difficultés du retour, habituel mais douloureux, et de favoriser une bonne intégration ou une réorientation professionnelle. Un package « retour d’expatriation » constitue également une reconnaissance du choc du retour.

Retour