Les tribulations d'une Française... en Espagne

 Chaque expatriation est une nouvelle aventure

Lorsque nous sommes partis en expatriation en Espagne à Madrid, nous pensions que tout, ou presque, allait nous paraître simple : il s’agissait de notre deuxième expatriation après une expatriation de 2 ans en Angleterre  et mon mari est bilingue français espagnol : les aléas de l’installation n’auraient donc plus de secrets pour nous ! C’était sans compter avec le fait que chaque expatriation est une nouvelle aventure et que l’administration espagnole n’a rien à envier aux situations kafkaïennes dans lesquelles  notre chère administration française nous plonge parfois…

Etape 1 : décrocher le NIE, sésame de l’expatrié


La première étape du « parcours du combattant » a  commencé dès mon voyage découverte de 2 jours au cours duquel nous avons entrepris d’aller chercher notre numéro de NIE, « sésame » pour tout étranger vivant en Espagne : le numéro qui vous est propre et qui vous identifie dans le pays pour toute autre démarche administrative. « Juste un papier à aller chercher », me direz vous… oui mais une sacrée aventure…

Imaginez une ancienne prison (!) réaménagée pour la circonstance, repeinte en jaune et bleu vifs (je savais les Espagnols grands amateurs de Gaudi et d’art moderne.. mais pas à ce point là). Le premier challenge à relever a été de trouver ce bâtiment car nous n’avions qu’un nom de rue sans numéro…et il faut savoir que les rues de Madrid peuvent s’étendre sur des kilomètres… Après des kilomètres de recherche, nous avons été sauvés lorsque nous avons aperçu de loin… le mirador couleur jaune citron… ! Dans la cour vision hallucinante de centaines de  personnes qui attendaient leur tour en file indienne… principalement des étrangers, venus d’Amérique du sud : des jeunes, des plus âgés, parfois très âgés, des jeunes mamans tenant leur bébé dans les bras et qui semblaient tous être là depuis des heures (certains avaient apporté leur pique nique…). Tout ceci sous un soleil de plomb. Régnait dans ce lieu une atmosphère assez électrique et d’un autre temps. L’entreprise de mon mari avait réussi à nous décrocher un rendez vous avec le secrétariat d’un policier gradé, ce qui nous a évité les files d’attente… mais je n’étais pas très fière d’avoir usé d’un « passe-droit ». Nous nous somme aussi aperçus que  nous aurions dû venir avec nos deux enfants : là aussi, ce rendez vous « hors cadre » nous a permis d’obtenir leurs papiers sans leur présence. D’autres amis expatriés n’ont pas eu cette chance et ont dû faire la queue avec tout le monde pendant des heures… puis revenir avec leurs bambins quelques jours plus tard…

Etape 2 : obtenir le « padrone » et découvrir le système de santé

La deuxième partie de ce parcours du combattant concerne les démarches de santé. Les Espagnols sont géographiquement plus loin des britanniques que nous Français, mais ils ont un système de santé à peu prêt identique. D’un côté le service public entièrement gratuit où le médecin vous est imposé et où existent des contraintes de délais et parfois de qualité. De l’autre, le système privé où vous choisissez le praticien mais où les coûts peuvent être exorbitants : 165 euros pour une consultation chez un dermatologue pour faire enlever une verrue à votre fils…  

Cette « sacrée petite verrue »  m’a fait découvrir les méandres de l’administration madrilènes… car refusant de cautionner une consultation à 165 euros j’ai opté pour le public. Mais avant d’obtenir le rendez- vous chez  un dermato, il faut tout d‘abord obtenir de la mairie le « padrone », papier qui justifie de votre domiciliation. Pour obtenir de papier vous devez présenter une facture de téléphone et d’électricité. Et c’est là que vous vous demandez si vous n’êtes pas figurant dans un mauvais film ou victime d’une « caméra cachée »… car lorsque vous êtes arrivés depuis moins d’1 mois, la facture n’est pas encore éditée... Retour donc à la case départ (avec le sourire) puisque aucun autre justificatif ne peut faire l’affaire… y compris le NIE que vous avez attendu des heures durant dans l’ambiance surchauffée d’une ancienne prison jaune et bleu… Ce « padrone » vous permet ensuite d’aller chercher votre carte de sécurité sociale… ce qui vous permet  d’aller vous inscrire dans le centre de santé de votre quartier… puis de prendre un rendez vous avec le généraliste du centre … qui vous enverra (peut-être ?) chez un dermato… je vous sens perdus, non ?

Je dois avouer que j’ai parfois perdu le flegme si cher à nos amis british… Conclusion de l’affaire : le fiston va donc garder sa verrue encore quelques temps… on devient philosophes !

Etape 3 : Autres démélés

Je vous ferai grâce de nos démêlés avec les diverses compagnies téléphoniques (vive Skype !)…ou le réparateur de volets roulants (ce qui nous a obligé à vivre quelques temps dans une maison troglodyte plongée dans le noir..) car vous penseriez que j’exagère…

Une aide active dans les démarches n’aurait pas été de trop

Tout ceci n‘enlève rien au charme de Madrid et de ses habitants. Et de l’expatriation ! La ville est magnifique, son ciel « azul » légendaire tient ses promesses et la gentillesse et la patience des espagnols compensent bien ces déboires. Dans peu de temps nous rirons, j’en suis sûre de toutes ces aventures. Mais une aide active dans ses démarches n’aurait pas été de trop et  aurait permis sans doute un démarrage dans une plus grande fluidité… à méditer donc… 

 

Nathalie Dumur

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